Return to Le travail en train de se faire


 

J’adore les dessins des humeurs, nuages, fumées et autres états volatils trouvés dans les manuscrits compulsés. Au creu des plus anciens, ceux du Moyen-âge et de la Renaissance. La précision de chaque trait, de chaque ligne, suggère avec finesse la légèreté d’une chose invisible et fuyante.

Je me surprends à les calquer, ces petites fumées, puis à les reproduire ça et là dans les dessins. Corps qui fument, respirent et expirent. Corps qui rêvent. Corps qui soupirent aussi. Car, hors des pages plusieurs fois centenaires, ça soupire fort parmi les chercheurs. J’aimerais pouvoir les enregistrer pour composer un opéra. Pourquoi ça soupire ainsi les chercheurs ? À cause du temps qui passe trop ou pas assez vite ? À cause des choses espérées qui ne se concrétisent pas ? Parce que la chose cherchée refuse d’apparaître ?